Identité numérique : « Se protéger pour mieux se projeter »

  • Publié le mercredi 26 mai 2010
  • Rédigé par FEKRANE Catherine 
  • Numérique

Dans son ouvrage intitulé « Informatique, libertés, identités » le délégué général de la Fondation Internet nouvelle génération (Fing) Daniel Kaplan décrypte « une nouvelle manière de défendre et d’utiliser ses libertés » articulée autour de la projection de soi.


« Penser l’identité numérique, non comme un village fortifié, mais comme une tête de pont, que l’on défend dans le seul but de se projeter vers l’avant ! » C’est la proposition faite par le délégué général de la Fondation Internet nouvelle génération (Fing) Daniel Kaplan dans son dernier livre intitulé « Informatique, libertés, identités ». Alimenté par les réflexions menées depuis 2008 par l’organisation, l’ouvrage entend apporter un regard nouveau sur la question de la protection de la vie privée sur Internet qui vient de faire l’objet d’un rapport des sénateurs Yves Détraigne et Anne-Marie Escoffier. « On n’a jamais autant débattu des moyens de protéger la vie privée dans nos sociétés informatisées ni déployé de moyens de capturer et d’utiliser des informations sur les personnes », relève l’auteur qui rappelle que malgré cela « les individus publient toujours davantage d’informations sur eux-mêmes ». Pour lui, cette incohérence est le signe précurseur « d’une nouvelle manière de défendre et d’utiliser ses libertés, dans laquelle on ne se protège que pour mieux se projeter vers les autres, vers le monde ? »
Une approche stratégique

Partant de cette réflexion Daniel Kaplan propose de nouvelles clés pour comprendre les relations entre informatique, libertés, vie privée et identité où l’approche défensive de l’identité et de la vie privée cède la place à une approche stratégique. « Donner sa vraie valeur à la vie privée », implique d’après lui de donner à l’internaute la possibilité de « choisir et conduire sa vie publique ». Comment ? En lui donnant les mêmes outils que les services et organisations qui s’intéressent à sa vie privée pour faire le lien entre protection et projection de soi. En le formant aux « sociabilités numériques » bien au-delà de la simple mise en garde contre les dangers d’Internet. Et enfin, en instituant des règles plus efficaces et plus impliquantes pour l’ensemble des acteurs présents sur la toile. Dans cette optique, l’ouvrage présente plusieurs concepts innovants parmi lesquels l’ePortfolio, une sorte de CV visant à valoriser ses compétences en faisant réfléchir à la construction de son identité publique, ou encore l’hétéronyme, personnalité en ligne distincte de notre identité civile.

Haut de page