R&D : Concrétiser l’« économie de la connaissance »

  • Publié le jeudi 13 janvier 2011
  • Rédigé par FEKRANE Catherine 
  • Intelligence économique

Pour passer de l’idée de l’« économie de la connaissance » à sa réalité, une note du CAS et du CEPII préconise le maintien d’un équilibre entre les instruments d’aide à l’innovation (aides fiscales et aides ciblées) et la maîtrise du processus de sélection des projets de R&D aux niveaux local et national.

Dans leurs contributions au Colloque « Nouveau Monde, Nouveau capitalisme », les 6 et 7 janvier au Sénat, le Centre d’analyse stratégique (CAS) et le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) invitent, dans l’optique de s’inscrire « positivement » dans la recomposition de l’après-crise, à « pousser plus avant les avantages comparatifs (notamment grâce au rôle clé des investissements immatériels) et organiser un cadre de gouvernance coopératif et équilibré entre les différentes régions du monde ».

Basculement de la croissance vers le monde émergent

L’exercice de projection du CEPII confirme l’accélération, du fait de la crise, du basculement de la croissance vers le monde émergent : « les économies chinoise et indienne pourraient toutes deux être multipliées par 13 entre 2008 et 2050 à prix constant » souligne la note du CAS et du CEPII. « Durant cette même période, l’économie américaine doublerait, mais l’économie européenne augmenterait de seulement 61% »

Préserver et renouveler les moteurs de la croissance

Alors que « les moteurs de la croissance potentielle restent encore fragiles » et face à la montée de la Chine et de l’Inde, la première priorité reste de « préserver et renouveler les moteurs de la croissance des pays développés », c’est-à-dire l’investissement immatériel. Pour y parvenir, si les politiques françaises en faveur de l’innovation sont suffisamment dotées financièrement, les instruments en faveur de l’innovation (aides fiscales - type CIR – et aides ciblées - pour l’émergence de nouveaux acteurs) doivent être manier avec équilibre et maîtrise du processus de sélection des projets aux niveaux local et national.

Sécuriser la finance

Parallèlement, le CAS et le CEPII suggèrent de « rebâtir un cadre réglementaire sécurisant la finance », en confirmant le rôle d’assureur des États en cas de crise et en prélevant une « partie de la rente du système financier pour limiter les incitations à la prise de risque ». En complément de ces orientations, la note du CAS et du CEPII prône une gouvernance mondiale « favorable à la stabilité de l’économie réelle », passant par une réflexion sur le système monétaire international (SMI) et des actions contre l’instabilité des prix des matières premières et agricoles. Reprenant une partie des travaux engagés par la Commission européenne dans le cadre de la MiFID (directive européenne sur la réglementation des produits financiers, les orientations de ces contributions devraient être celles portées par la France au G20.

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